Deux noms de plus au monument

 

 0001 balinghemDeux noms de plus au monument

Les plaques pour honorer deux jeunes de la commune, morts en service, vont être dévoilées ce matin sur le monument aux morts

A savoir

Depuis quelques années, les communes peuvent ajouter sur leur monument aux morts le nom de soldats et gendarmes décédés en service.

Michel Boulanger et Roger Froye, deux Balinghemois morts à 20 ans dans les années 70, verront leurs noms ajoutés ce matin par le biais de deux plaques fixées sur le monument aux morts.

Ces deux noms seront ajoutés aux trente déjà présents sur le monument, liés aux deux guerres mondiales et seront désormais lus lors de l’appel aux morts.

Décédés à moins de deux ans d’intervalle, en septembre 1970 pour le premier et en avril 1972 pour le second, le brigadier Michel Boulanger et le soldat de 1ère classe Roger Froye reposent depuis dans le cimetière de Balinghem.

« On est allés à l’école ensemble »

Dès ce matin, deux plaques rappelleront leur sacrifice pour la France sur le monument aux morts de la petite commune. Un honneur rendu à ces deux jeunes fauchés à l’âge de 20 ans voulu par Emile Brachet, qui les a bien connus dans sa jeunesse. « Ce sont deux jeunes de ma génération, on est allés à l’école ensemble, explique le président de la section locale de l’Union des anciens combattants (UNC). C’est en leur souvenir que j’ai fait une carrière militaire ».

Gendarme durant 31 années à Paris, le Balinghemois a lancé la procédure, très réglementée, pour ajouter au monument aux morts les noms de ses camarades lors de son arrivée à la présidence en 2014. « ça a été ma première décision, on a pu profiter de la nouvelle réglementation. Je voulais qu’ils ne restent pas inconnus, les sortir de l’ombre car ils sont morts au service de la France. Ils n’avaient que 20 ans, et c’est important pour les jeunes de s’en souvenir », poursuit Emile Brachet.

Les familles seront présentes

Pour ces deux plaques scellées sur le monument, qui date de l’entre-deux-guerres, la section UNC de Balinghem  a reçu un financement communal. Les pompes funèbres Ardrésiennes, qui ont réalisé les plaques, n’ont pas pris de marge sur celles-ci. Enfin, les gerbes ont été financées par la section nationale de l’UNC, et seront déposées par Denis Moeneclay, vice-président de section, porte-drapeau et ancien d’Algérie. « Nous, on vieillit et il n’y a personne pour prendre le relais. Ces ajouts sont un rappel pour la jeunesse, poursuit le président.

Pour cet émouvant moment à n’en pas douter, les familles des deux soldats seront présentes. « Le père de Roger Froye voulait cet hommage. Il n’est plus là, mais son frère et sa sœur seront présents. » L’appel aux morts, moment fort de la cérémonie, ne sera plus jamais le même après ce matin.

Un soldat et un brigadier morts dans des conditions tragiques

0002 balinghemMichel Boulanger

Le brigadier Michel Boulanger est né à Balinghem le 6 décembre 1950, cinquième d’une famille de sept enfants. Après des études et un diplôme de peintre, il décide de faire carrière dans l’armée. Il s’engage le 6 décembre 1968 et est affecté au 6ème régiment d’artillerie de marine à Djibouti. Il décède accidentellement par noyade le 5 décembre 1968. Il laisse derrière lui une veuve et son fils, qu’il n’aura jamais eu l’occasion de rencontrer. « Sa valeur et sa droiture resteront un exemple pour ses camarades », fut-il dit lors de ses obsèques.

Roger Froye

Né le 12 janvier 1952 à Brêmes-les-Ardres, le soldat de 1ère classe Roger Froye obtient son diplôme de menuisier ébéniste et démarre sa vie professionnelle à Usinor Dunkerque. Volontaire pour un appel avancé à l’armée, il est appelé sous les drapeaux le 1er juin 1971 au sein du 18ème régiment de Dragons à Mourmelon. Il est affecté comme chauffeur au 3ème escadron du même régiment. Le 25 avril 1972, lors de manœuvres au camp de Mailly, il est victime d’un accident de la circulation. La Jeep qu’il conduit subit une forte rafale de vent alors qu’il double un camion sur la route militaire du camp. Le choc fait un mort, Roger Froye est très gravement blessé. Le 28 avril 1972 à l’Hôpital de Reims, il décède de ses blessures à seulement quelques jours de son détachement définitif de l’armée.

Les deux jeunes hommes sont inscrits « morts pour la France au service de leur pays. »